Reproduit du Courrier Frontenac 09.09.2026
Stéphane Demers décroche le bronze malgré un début de saison catastrophique
Le cycliste thetfordois Stéphane Demers a remporté, le 28 août dernier, la médaille de bronze au contre-la-montre des Championnats québécois de cyclisme sur route élite, dans la catégorie Maître D (65 ans et plus). L’événement avait lieu à Saint-Edmond- de-Grantham,
près de Drummondville.
Il a complété le parcours de 16,3 kilomètres en 23 minutes et 28 secondes, à seulement 24 secondes du champion, Stéphane Le Beau. Daniel Blanche a pris le deuxième rang, à 20 secondes
du Thetfordois.
Sept cyclistes prenaient part à cette épreuve qui attire généralement des spécialistes du contre-la-montre. Le parcours comportait son lot de difficultés techniques. « Il s’agissait d’un aller-retour comprenant plusieurs virages prononcés avec des cônes au centre et deux demi-tours qui obligeaient les cyclistes à ralentir considérablement », a confié Stéphane Demers au Courrier Frontenac.
Il en était à une première participation dans la catégorie Maître D. Bien qu’elle ne soit pas de la couleur espérée, cette médaille revêt une importance particulière pour l’athlète thetfordois. Quelques mois plus tôt, il était loin de savoir s’il pourrait même reprendre le vélo cet été.
Une lourde chute
Le 12 avril dernier, lors de sa première épreuve de la saison à Sainte-Martine, en Montérégie, Stéphane Demers a été victime d’une lourde chute. Entre 40 et 50 participants prenaient part à cette épreuve sur route comprenant six tours. À mi-parcours, le peloton s’est retrouvé face au vent et s’est resserré. Des cyclistes se sont accrochés devant lui.
« Ça va vite et je n’ai pas eu le temps de me tasser. J’ai servi de bouclier et c’est ma hanche du côté gauche qui a mangé le coup. Quand je me suis levé et que j’ai déposé ma jambe par terre, ça faisait un mal affreux. Impossible de me tenir debout. »
Il a reçu un diagnostic de fracture stable du bassin. Une opération n’a pas été nécessaire, mais il a dû passer plusieurs semaines sans déposer le pied au sol et se déplacer à l’aide d’une marchette. Cette période d’inactivité a été particulièrement difficile pour cet homme habitué à passer plusieurs heures quotidiennement sur son vélo. « Nous produisons notre propre morphine endogène. Quand on arrête, c’est comme un sevrage. Si je ne fais pas de vélo une journée, je suis fatigué et j’ai mal à la tête. Mon corps est
habitué à ça. »
Dès qu’il a obtenu le feu vert du médecin et de sa physiothérapeute pour recommencer à bouger, Stéphane Demers a graduellement repris son sport. « La physio m’a accordé cinq minutes la première journée. J’ai écouté et ensuite j’ai fait une demi-heure. La semaine d’après, je faisais une heure par jour. »
La récupération s’est finalement déroulée beaucoup plus rapidement que prévu. Malgré une certaine prudence, notamment par crainte de retomber sur le côté, il a progressivement repris ses sorties extérieures. Il a notamment participé cet été au Tour cycliste du lac Aylmer, à Beaulac-Garthby. Au moment d’écrire ces lignes, il avait déjà parcouru plus de 20 000 kilomètres depuis le début de l’année.
Pas question de renoncer complètement
au vélo
À la suite de son accident, le Thetfordois a pris une décision importante : il souhaite mettre un terme aux épreuves en peloton. « Je ne veux pas revivre ce que j’ai subi ce printemps. Il y a juste les fous qui ne changent pas d’idée, mais l’an prochain, je ne pense pas. Peut-être des courses contre-la-montre, mais pas des compétitions en groupe où ça finit souvent en sprint. Même chose pour les épreuves cyclosportives, on y retrouve des gens moins habitués de rouler en peloton et qui ne font pas attention. Rendu à mon âge, ça ne m’intéresse plus. »
La compétition pourrait donc être moins présente dans les prochaines années, mais certainement pas les longues sorties. Son record personnel est d’environ 30 000 kilomètres en une seule saison. Habituellement, il roule au moins 24 000 kilomètres par année. Chaque hiver, il se rend également aux îles Canaries pour poursuivre son entraînement. En janvier prochain, il y retournera pour un mois. « Je fais en moyenne 158 kilomètres, dont 45 kilomètres de montée. Cela représente environ sept heures de vélo par jour, pour un total d’environ 5400 kilomètres. »
Pour Stéphane Demers, le vélo est avant tout une véritable passion qui l’habite depuis maintenant une trentaine d’années. Il a commencé en prenant part à diverses compétitions, où il a obtenu plusieurs podiums. Au fil des ans, il s’est mesuré à plusieurs grands noms du cyclisme, dont Sylvan Adams. Il se souvient notamment avoir pris part à des échappées avec lui et André Lamarche, un autre athlète reconnu dans le milieu du cyclisme.
Son parcours l’a également mené à participer à plusieurs championnats du monde. Son meilleur résultat demeure une sixième place obtenue en Australie, il y a une dizaine d’années. Il a également remporté à deux reprises le titre de champion québécois chez les maîtres au contre-la-montre, en plus de décrocher une fois les grands honneurs à la course sur route, à l’époque où il évoluait dans la catégorie des 55-64 ans.
Malgré les années, les blessures et les changements qu’il envisage pour la suite, Stéphane Demers demeure animé par l’envie de se dépasser. « Je ne le fais pas pour battre les autres. C’est un défi personnel. Je fais cela parce que j’aime ça et non pour la gloire. […] Je ne pensais jamais que je parviendrais à obtenir des résultats aussi bons. Je dis mission accomplie. »
